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Régulièrement nous vous alertons sur la baisse inéluctable de la rémunération des fonds en euros.

En effet, compte tenu des taux d’intérêt historiquement bas sur le marché obligataire, difficile pour les compagnies d’assurance de proposer des taux de rendement « psychologiquement acceptables » pour l’épargnant, sauf à puiser dans leurs réserves ou à aller chercher la performance sur les marchés actions (avec la naturelle corrélation en termes de risque).

D’où les régulières propositions faites à l’épargnant de sortir du sacro-saint fonds en euros et de se positionner sur des unités de compte en vue de doper la performance globale de son épargne.

Problème – et non des moindres – pour l’épargnant français habitué de trop nombreuses années à bénéficier d’un rendement « attractif » sans pour autant subir de quelconque risque de perte en capital. Car là est tout l’intérêt du fonds en euros : une sécurité tant des capitaux investis et que des intérêts générés.

Se positionner sur des unités de compte impliquerait donc de mettre une croix sur cette sécurité.

Pour autant, à l’heure où la réglementation impose au professionnel de la finance de déterminer le profil de risque de son client en vue de déterminer l’allocation d’actifs à mettre en œuvre, un investissement en unités de compte est-il finalement si risqué que la majeure partie des épargnants français veut bien l’entendre ?

Des comparaisons qui s’imposent

La seule contrainte à notre simulation chiffrée tient aux historiques de performances dont peuvent disposer les supports d’investissement à étudier. En effet, pour être un temps soit peu cohérente, notre étude s’attachera à étudier les conséquences tant de périodes boursières fastes que de crises, y compris violentes.

Nous posons donc trois hypothèses :

  1. Investissement des capitaux sur un contrat d’assurance vie
  2. Investissement en continu sans qu’aucun arbitrage ne soit réalisé
  3. Frais de gestion annuels des unités de compte au sein du contrat : 1,00%

Outre la contrainte citée supra, nous retiendrons les supports d’investissement suivants de manière totalement arbitraire mais présentant des degrés d’exposition aux risques forts différents :

  • Fonds en euros AFER
    – Fonds en euros avec garantie en capital et effet de cliquet
    – Echelle de risque DICI : n.c.
  • O.P.C. Carmignac Patrimoine :
    – Unité de compte diversifiée
    – Echelle de risque DICI : 4 / 7
  • O.P.C. Agressor :
    – Unité de compte actions
    – Echelle de risque DICI : 6 / 7

tableau1

Premier constat : « on » parle régulièrement de la baisse de performance des fonds en euros … Or, si nous nous attardons sur les données recueillies, on constate que dans l’environnement actuel, le fonds en euros étudié a généré une performance réelle (corrigée de l’inflation) de 2,70% en 2014 … supérieure à celles des années 2004, 2005, 2008, 2010, 2011, 2012 et 2013. Et ce avec des taux d’intérêts sur les marchés obligataires à leurs plus bas historiques !
In fine, depuis le début du 21ème siècle, la rémunération réelle des fonds en euros reste sensiblement stable.

Prendre des risques est-il rentable ?

Celui souhaitant une performance meilleure que celle offerte par le fonds en euros le peut-il ?
Et si oui, risque-t-il vraiment son capital ?

Raisonnons ainsi …
Soit un investissement de 50 000 euros, avec 3 allocations distinctes :
allocation 100% fonds en euros AFER
allocation 100% Carmignac Patrimoine
allocation 100% Agressor

En investissant le 1er janvier 1997 :

tableau-2

En investissant le 1er janvier 2001 (bulle internet) :

tableau-3

En investissant le 1er janvier 2008 (crise des « subprimes ») :

tableau-4

En investissant le 1er janvier 2011 (crise de la zone euro) :

tableau-5

Quelles leçons en tirer ?

Plus votre horizon d’investissement est long, plus vous avez intérêt à investir sur des unités de compte, y compris sur les fonds actions purs.

Inversement, plus il est court et plus la raison privilégierait un investissement sur le fonds en euros.

Toutefois, et même en investissant au pire moment, sur les 18 dernières années, vous auriez tout intérêt à investir sur des supports diversifiés du type Carmignac Patrimoine, à condition que votre horizon d’investissement soit supérieur à 4 ans.

En outre, quant à la protection du capital investi, on constate que sur les 18 dernières années, quelque soit l’année d’investissement, la valeur de rachat du contrat n’est jamais inférieure plus d’un an aux 50 000 euros placés.

Sachant que l’on considère l’assurance-vie comme un placement à long terme (son utilisation dans le cadre de la gestion de trésorerie n’étant que marginale), il semblerait judicieux de se passer pour tout ou partie du fonds en euros au profit des supports diversifiés.

Conclusion :

Si la baisse des performances des fonds en euros est loin d’être aussi évidente que tout le monde le laisse entendre, il n’en demeure pas moins que l’utilisation d’unités de compte diversifiés à niveau de risque maîtrisé devrait être privilégiée à condition de disposer d’un horizon d’investissement :
d’au moins 2 ans pour protéger son capital ;
d’au moins 4 ans pour protéger son capital et faire mieux que le fonds en euros.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et le choix des fonds peut faire apparaître des résultats différents.