| La parole aux gérants

Nous vous livrons ici l’analyse d’Arvind Sabharwal, directeur des investissements actions de M&G Investments. Il revient sur l’année 2013, nous fait part de ses perspectives pour 2014 et nous démontre, si tant est qu’il fallait nous en convaincre, que la maison de gestion anglaise ne doit être réduite à l’excellence de sa gestion obligataire (cf. M&G Optimal Income).

« PERSPECTIVES PROMETTEUSES POUR LES SÉLECTIONNEURS DE VALEURS »

Depuis que les médias ont sonné le glas des actions à l’été 2012, l’indice MSCI AC World s’est adjugé une hausse de près de 40 % en dollars.
Dans l’édition de nos Perspectives des marchés actions de juillet 2012 – Des opportunités pour les sélectionneurs de valeurs à long terme – nous avions observé que, en dépit de l’amélioration de la tendance depuis mars 2009, les actions apparaissaient bon marché par rapport aux autres classes d’actifs. Si nous avons eu raison quant à l’orientation du marché, la hausse substantielle intervenue au cours de l’année passée masque cependant un fait : les investisseurs sont restés relativement prudents. Le pessimisme ambiant introduit par la crise financière a semblé peu disposé à se dissiper. En effet, ce n’est que durant les quatre derniers mois environ que nous avons commencé à observer un changement de leadership dans le cadre de l’appréciation des actions. Jusqu’au printemps de cette année, la hausse des actions avait été entraînée par les valeurs défensives.

Cette aversion au risque s’est illustrée par la demande en faveur des titres de qualité et par la réticence à investir dans les sociétés plus risquées. En outre, dans un environnement marqué par des taux d’intérêt au plus bas, les investisseurs ont considéré nombre des valeurs de grande qualité distribuant des dividendes comme des « substituts aux obligations » à même de leur offrir des revenus avec un niveau de risque relativement faible. Par conséquent, les valorisations de beaucoup de ces valeurs sont devenues élevées, voire excessives pour nombre d’entre elles.

La tendance haussière des actions a marqué une brève pause en juin, suite aux propos de la Réserve fédérale américaine (Fed) au sujet d’une probable réduction de son programme d’assouplissement quantitatif. Mais, depuis lors, encouragés par le nombre croissant des statistiques économiques témoignant d’une reprise de l’économie mondiale, les investisseurs semblent accorder une plus grande importance aux fondamentaux à long terme des entreprises. Ils adoptent une position plus pragmatique à l’égard des nouvelles macroéconomiques et politiques moins favorables. Ce revirement est, sans nul doute, également lié à la poursuite des programmes d’assouplissement quantitatif. Ce regain d’optimisme des investisseurs s’est ressenti sur les marchés actions dont la hausse s’est trouvée être engendrée par les valeurs cycliques durant l’été.

DES SIGNES ENCOURAGEANTS

Suite à l’amélioration de l’environnement macroéconomique et à la baisse des marchés obligataires durant le dernier trimestre, les flux de capitaux à destination des actions sont désormais supérieurs à ceux investis dans les obligations, et ce, pour la première fois depuis la fin 2007. […] les actions ont un énorme retard à combler ; depuis 2006, les flux de capitaux cumulés investis dans les obligations et les actions se sont élevés à, respectivement, 1 200 et 100 milliards de dollars.

Au niveau régional, les économies européennes, et en particulier celles des pays périphériques, montrent des signes de reprise et pourraient bénéficier d’un regain d’intérêt pour les actions. Les actions européennes apparaissent bon marché sur la base de la plupart des mesures de valorisation et les investisseurs internationaux y sont toujours peu exposés. De même, les marchés émergents pourraient à nouveau commencer à attirer des liquidités dans la mesure où les valorisations sont attractives, tant en valeur absolue que relative (NDLR : à court terme, un investissement sur les marchés émergents nécessite cependant pour l’heure « une bonne résistance » à la volatilité …).

Même si les événements macroéconomiques sont moins prédominants dans les décisions des investisseurs, l’amélioration surprise de la croissance économique dans le monde entier contribue à un formidable regain de confiance. Si la croissance du PIB (produit intérieur brut) mondial s’accélère au cours des 12 à 18 prochains mois et que les bénéfices des entreprises suivent, les marchés actions devraient alors passer d’une phase d’appréciation tirée par les ratios cours/bénéfice à une phase tirée par les bénéfices.

Un autre signe encourageant pourrait également être une augmentation des opérations de fusions et acquisitions, un contexte macroéconomique encourageant, susceptible de se traduire par un regain d’appétit pour le risque au niveau des entreprises. Les conseils d’administration des sociétés sont de plus en plus pressés de dépenser les montants colossaux de trésorerie accumulés à leurs bilans ou de les reverser à leurs actionnaires.

UN ENVIRONNEMENT PROPICE A LA GESTION ACTIVE

L’amélioration des conditions économiques, la plus grande attention portée aux fondamentaux des entreprises et, surtout, la fin d’un environnement hésitant sans cesse entre l’appétit pour le risque et l’aversion au risque sont autant de facteurs contribuant à la création d’un contexte plus favorable pour les sélectionneurs de valeurs tels que les gérants de fonds actions de M&G.

Grâce à la baisse des corrélations entre les actions, les perspectives pour les sélectionneurs de valeurs se sont éclaircies, ces derniers étant en effet à même de créer plus d’alpha grâce à leurs compétences en matière de sélection des titres. De plus, une plus grande priorité accordée aux fondamentaux des entreprises est généralement moins lucrative pour les stratégies passives.

L’expertise de l’équipe Actions de M&G est concentrée sur la compréhension approfondie des sociétés et de leurs valorisations. Notre approche consiste à tenter de déterminer la valeur à long terme des entreprises dans lesquelles nous investissons ; et, dans la mesure où les conditions économiques s’améliorent actuellement, nous nous attendons à voir cette valeur se concrétiser. L’incertitude précédente avait déjà mis en évidence de nombreuses opportunités pour nos gérants de fonds. L’évolution actuelle de la dynamique des marchés pourrait bien être à l’origine de l’environnement le plus favorable qui soit pour les sélectionneurs de valeurs. »

Les propos tenus n’engagent évidemment que leur auteur.