| La parole aux gérants

Nous avons décidé de dorénavant vous livrer régulièrement les avis et opinions des gérants de la place.

Pour débuter ce nouveau rendez-vous, laissons la parole à l’emblématique gérant/fondateur de la maison Carmignac Gestion, Edouard Carmignac.

Bien évidemment, les propos tenus n’engagent que leur auteur.

Edito d’Edouard Carmignac :
Rédigé le 21/01/2013

« 2013 se doit d’être l’année de la renaissance européenne. Bousculée par les assauts concurrentiels redoublés en provenance des pays émergents, confrontée à la compétitivité retrouvée de l’économie américaine, et, dorénavant, au réveil nippon, l’Europe doit se ressaisir.

En vue d’accélérer ce rétablissement et de rendre moins douloureuse l’inévitable convalescence attendue, je souhaite formuler les trois propositions suivantes :

  • L’adoption de réformes structurelles prendra des mois, des années à porter ses fruits, mais a un coût immédiat, la chute d’activité. Il semble impératif de faire preuve de plus de souplesse dans l’exigence immédiate de la réduction des déficits publics à l’égard des pays entreprenant un programme de réformes d’envergure. L’acceptabilité politique de ces mesures courageuses s’en trouvera facilitée d’autant.
  • L’Europe ne se fera pas sans une intégration fiscale à minima. Je préconise la mise en place d’une limitation européenne à 50% des prélèvements fiscaux sur les revenus  personnels disponibles. Libérée de la menace d’une fiscalité confiscatoire, l’Europe redeviendrait ainsi dans son ensemble une terre d’attraction pour les entrepreneurs et éviterait une concurrence fiscale malsaine entre ses Etats-membres.
  • M. Draghi a fait faire à l’Europe un grand pas en déclarant son intention d’acquérir la dette souveraine des pays en difficulté sans limitation de montant, pourvu que des programmes crédibles en matière de rétablissement des finances publiques et d’amélioration  de la compétitivité soient adoptés. En stérilisant cependant ses achats de dette bancaire ou d’obligations d’Etat, il s’interdit de créer des euros, au moment où tant  les Etats Unis que le Japon font preuve d’un activisme monétaire sans précédent. La BCE ne peut continuer à négliger l’impact de la conduite d’une politique monétaire aussi orthodoxe sur une parité de l’euro de plus en plus asphyxiante.

Ainsi, le risque systémique lié à la possible implosion de la zone euro peut-il être encore réduit. En tout état de cause, l’éloignement de ce risque, qui a perturbé l’investissement industriel et financier depuis voilà plus de deux ans et demi,  se confirme. Les perspectives des portefeuilles actions s’en trouvent durablement améliorées, au moment où la chute de l’activité européenne oriente plutôt l’épargne vers des placements sécuritaires à rendements souvent négatifs, après le prélèvement  inflationniste et fiscal. »

Stratégie d’investissement d’Edouard Carmignac
Présentée le 22/01/2013

  • Actions :

Europe : L’éloignement du risque systémique réoriente les flux d’investissement internationaux vers les actifs risqués européens

EtatsUnis : La bonne croissance relative justifie la poursuite de la hausse

Pays émergents : La reprise chinoise, ajoutée aux bons fondamentaux de certains pays concourt à la revalorisation des marchés

Japon : l’investissement de l’année ?

  • Taux :

> Le refuge des emprunts d’Etat se précarise, mais les politiques monétaires accommodantes (Fed, BCE) devraient éviter une remontée trop brutale des taux

> De la valeur sur les emprunts d’Etat de l’Europe du Sud ainsi que sur certains segments des marchés de crédit

  • Devises :

> Le combat entre les fondamentaux et les facteurs de liquidité se poursuit. À plus long terme, les facteurs macro‐économiques devraient prendre le dessus et conduire à une réappréciation du dollar

> La baisse du yen devrait se poursuivre