| La parole aux gérants

DNCA Invest Global Leaders est un fonds que nous avons sélectionné pour faire partie du FIL ROUGE EF 2013 (cf. notre article sur « Suivi du portefeuille ETHIC FINANCE et « FIL ROUGE EF 2013« 

Ce support « actions internationales » investit dans des entreprises considérées comme les “leaders” de l’économie mondiale quelle que soit leur implantation géographique. Sont donc recherchées des sociétés qui vont profiter des nouvelles tendances structurelles internationales avec une croissance « séculaire ». Ces sociétés devront disposer d’un avantage concurrentiel décisif, avec une stratégie à long terme correspondant à un contexte économique mondial en pleine évolution.

En ce mois de mars 2013, nous avons donc choisi de laisser la parole à son gérant, Rajesh Varma, qui nous précise notamment les spécificités de sa gestion.

Bien évidemment, les propos tenus n’engagent que leur auteur.

Quelle est la singularité du fonds Global Leaders ?

C’est un fonds qui investit dans le futur. Nous essayons d’imaginer ce que sera le monde dans 5 ou 10 ans et nous investissons dans les secteurs et les sociétés qui bénéficieront de ce changement. A titre d’exemple, nous croyons que les fortes disparités de consommation entre les pays émergents et les pays développés ont déjà commencé à se réduire et que cette tendance va se poursuivre. Les consommateurs des pays émergents souhaitent ce que ceux des pays développés ont déjà. Ils ont faim et sont prêts à travailler dur pour obtenir le même niveau de vie. C’est compréhensible.

Où et comment le fonds investit ?

Il y a une différence : le fonds investit dans des entreprises et dans des hommes. Il n’achète pas juste des actions. Vous comprenez la différence ? En tant que professionnels de la finance, nous devons retourner aux fondamentaux, la raison d’être des marchés financiers, qui est d’investir dans des sociétés qui fabriquent et produisent. Mais NOTRE raison d’être est de trouver les « leaders globaux », de trouver les compagnies de meilleure qualité, où qu’elles soient dans le monde.

Alors que la croissance économique ne proviendra sans doute que des pays émergents dans les prochaines années, pourquoi ne pas juste proposer un fonds spécialisé sur ces zones ?

Parce que de nombreuses sociétés cotées dans les marchés développés vont bénéficier énormément de la croissance des économies émergentes. Le fonds recherche la croissance et de la qualité, où qu’elle se trouve et il y a un nombre impressionnant d’entreprises européennes qui répondent à ces critères. Ces sociétés offrent une croissance régulière, de fortes barrières à l’entrée, des bilans sains et des managements de qualité.

Et aux Etats-Unis ?

Les Etats-Unis pourraient devenir la nouvelle Chine. Leur devise est faible, le travail commence à y être relocalisé, les coûts du travail ne progressent plus et le coût du capital reste bon marché. La volonté d’exploiter le gaz de schiste est un élément qui peut changer les règles du jeu, en réduisant la dépendance énergétique américaine et qui peut relancer la ré-industrialisation du pays.

Comment le fonds investit-il dans les marchés émergents avec la volatilité qui les caractérise ?

Nous ne prêtons pas attention aux indices que la plupart des investisseurs utilisent comme benchmarks, ce qui nous permet d’être totalement flexibles. Cela dit, nous abordons chaque marché émergent de façon différente. En Inde, par exemple, nous investissons dans une société de financement immobilier pour bénéficier de l’immense demande de logements. Au Brésil, nous avons investi dans le secteur des infrastructures et en Indonésie, nous avons acheté une société de distribution de motos et de voitures pour profiter de la forte demande des consommateurs dans ce segment.

Il y a-t-il des secteurs dans lesquels le fonds n’investit pas ?

Le fonds évite d’investir dans des secteurs cycliques. Pas d’investissement non plus dans les armes ou le tabac, ce qui est un choix moral et totalement subjectif de ma part. Il est important de noter qu’il n’ya pas non plus d’investissement direct en Chine et en Russie. Les sociétés chinoises ont des bilans très opaques et en Russie, le gouvernement est, dans le passé, intervenu de très mauvaise manière au détriment des actionnaires. Je souhaite de la stabilité, de la transparence et une faible volatilité, ce sont des caractéristiques que l’on ne trouve pas en Russie et en Chine.

Comment maintenir la volatilité du fonds sur des niveaux plus faibles que ceux des indices ?

D’une part en n’investissant pas dans les secteurs cycliques et d’autre part en gérant avec un portefeuille certes concentré (40 lignes au maximum) mais où chaque position a le même poids. Cela me permet de suivre chacune des positions avec le même degré de vigilance. De plus, chaque ligne est très liquide et donc facile à acheter et à vendre sans influer sur le prix de l’action.

Donc vous vous différenciez par …

Deux principes, sachant qu’investir est un art mais vendre est une science :

  • Il ne faut jamais tomber amoureux d’une société. Lorsque l’évaluation est correcte, il faut accepter de prendre ses profits et passer à autre chose.
  • Il faut également reconnaitre ses erreurs. Cela arrive à chacun de nous, mais la pire des choses en tant qu’investisseur, c’est d’investir plus d’argent dans un mauvais investissement. Il vaut mieux accepter ses pertes et passer à autre chose.

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NDLA : Cette interview, arrêtée au 30/09/2012, vise uniquement à une présentation du fonds DNCA Invest Global Leaders et ne traite donc que de la politique de gestion de Rajesh Varma. Les propos tenus demeurent donc parfaitement d’actualité.