Les avantages octroyés sous la forme d’abattements sur les revenus, tels les 10% au titre des frais professionnels appliqués sur les salaires, seront automatiquement intégrés dans le calcul du taux d’imposition.

Les crédits et réductions d’impôt (investissement Pinel, investissement Girardin etc..) seront, eux, perçus avec un an de décalage. Par exemple, un don réalisé en 2018 donnera droit à une réduction d’impôt en septembre 2019. Par ailleurs, ceux employant une personne à domicile percevront une partie (30%) de leur crédit d’impôt sous forme d’acompte, avant le 1er mars 2019.

Par contre, certains avantages fiscaux vont perdre de leur intérêt lors de l’année de mise en place du prélèvement à la source. En particulier ceux octroyés en cas de versement sur un Perp, puisque les députés ont voté un mécanisme anti-optimisation.

  1. Réduction d’impôt via un Plan d’épargne retraite populaire

En effet, afin d’inciter les épargnants à ne pas réduire le montant de leurs versements sur leurs contrat d’épargne retraite en 2018 (année « blanche » sur le plan fiscal), le projet de loi de finances rectificative, prévoit que pour l’imposition des revenus de 2019, le montant des versements déductibles sera égal à la moyenne des sommes versées en 2018 et 2019, si le montant versé en 2018 est inférieur à la fois à celui versé en 2017 et à celui versé en 2019.

Exemple 1 :

Le contribuable alimente son PERP de manière régulière à hauteur de 1 000 € en 2017, 2018 et 2019.  Il déduira sur 2019, la moitié des versements de 2018 et 2019, soit 1 000 euros au total.

Exemple 2 ::

Le contribuable, après avoir versé 1 000 euros en 2017, décide de limiter son versement à 500 euros en 2018 puis de le passer à 1 500 euros en 2019.

Le versement 2018 (500 €) est à la fois inférieur à celui de 2017 (1 000 €) et à celui de 2019 (1 500 €).

Il pourra déduire sur 2019 (500 € + 1 500 €)/2 = 1 000 €.

Exemple 3 :

Le contribuable, après avoir versé 1 000 euros en 2017, décide d’augmenter son versement pour le porter à 1 500 € en 2018 puis de le laisser à 1 500 euros en 2019.

Le versement 2018 (1 500 €) est supérieur à celui de 2017 (1 000 €) et égal à celui de 2019 (1 500 €). Le mécanisme de la moyenne ne joue pas. Le contribuable pourra déduire 1 500 euros sur 2019.

Exemple 4 :

Le contribuable, après avoir versé 1 000 euros en 2017, décide d’augmenter son versement pour le porter à 1500 € en 2018 puis de le baisser à 1 000 euros en 2019.

Le versement 2018 (1 500 €) est supérieur à celui de 2017 (1 000 €) et à celui de 2019 (1 000 €).
Le mécanisme de la moyenne ne joue pas. Le contribuable pourra déduire 1 000 euros sur 2019.

Exemple 5 :

Le contribuable, après avoir versé 1 000 euros en 2017, décide d’augmenter son versement pour le porter à 1 500 € en 2018 puis de le porter à 2 000 euros en 2019.

Le versement 2018 (1 500 €) est supérieur à celui de 2017 (1 000 €) et inférieur à celui de 2019 (2 000 €).
Le mécanisme de la moyenne ne joue pas. Le contribuable pourra déduire 2 000 euros sur 2019.

Exemple 6 :

Le contribuable, après avoir versé 2 000 euros en 2017, décide de porter son versement à 1 500 € en 2018 puis à 1 000 euros en 2019.

Le versement 2018 (1 500 €) est inférieur à celui de 2017 (2 000 €) et supérieur à celui de 2019 (1 000 €). Le mécanisme de la moyenne ne joue pas. Le contribuable pourra déduire 1 000 euros sur 2019.

Attention : Ces schémas fonctionnent uniquement si le contribuable ne perçoit pas de revenus exceptionnels (plus-values immobilières, primes,…) en 2018. En revanche, les versements sur le PERP peuvent continuer à présenter un intérêt, puisque le mécanisme du crédit d’impôt de modernisation du recouvrement permet de les déduire des revenus exceptionnels qui eux seront imposables.

  1. Modalités et fonctionnement des déficits fonciers

Le même genre de mécanisme s’appliquera pour le calcul des déficits fonciers. Concrètement, dans le calcul des charges déductibles en 2018, le fisc prendra en compte le montant moyen des travaux engagés à la fois en 2017 et en 2018 (au lieu de 100% du montant des travaux engagés en 2018

Exemple :

En 2018, M. X change son isolation pour 10.000 euros. Ses revenus fonciers sont de 12.000 euros. En 2018, son revenu net foncier sera donc de 2.000 euros (12.000 – 10.000). Mais l’intérêt fiscal de cette imputation est nul car les revenus 2018 ne sont pas soumis à l’impôt (hors revenus exceptionnels) du fait de la mise en place du prélèvement à la source.

En 2019, il pourra en revanche imputer la moitié du montant des travaux de 2018 sur son revenu foncier, soit 5.000 euros. S’il avait réalisé ces travaux en 2019, il aurait pu imputer 5.000 euros également. Le choix de réaliser ces travaux en 2018 ou 2019 est donc fiscalement neutre.

Ai-je intérêt à décaler mes travaux à 2020 ?

Dans la plupart des cas, c’est en effet la solution la plus intéressante du point de vue fiscal. En 2020, les travaux seront de nouveau pris en compte à 100% dans le calcul des charges déductibles des revenus fonciers. Mais il existe quelques situations pour lesquelles lancer des travaux en 2018 reste potentiellement intéressant fiscalement.

  • D’une part, pour ceux bénéficiant de revenus exceptionnels en 2018 (prime de licenciement, de mise à la retraite…). Ces derniers resteront en effet imposés en 2018. Un déficit foncier généré en 2018 pourra donc être imputé sur ces revenus et réduire le montant de l’impôt à payer.
  • D’autre part, pour ceux comptant réaliser de très gros travaux, dont le montant dépasse largement celui des revenus fonciers engrangés. En effet, si le déficit foncier dépasse 10.700 euros, il peut être reporté sur les revenus fonciers des années suivantes. Et cela se combinera, en 2019, avec la prise en compte de 50% des travaux réalisés en 2018 dans le calcul des charges déductibles des revenus fonciers… Conséquence, si le montant des travaux est très élevé, il sera même possible, dans certains cas, de déduire de ses revenus davantage que le montant des travaux !

Exemple :

En 2018, M. X refait la toiture de son immeuble donné en location pour un montant de 80.000 euros. Ses revenus fonciers sont de 20.000 euros. En 2018, il peut donc enregistrer un déficit foncier de 60.000 euros (80.000 – 20.000). Celui-ci peut être imputé, à hauteur de 10.700 euros, sur le revenu global. Une opération qui ne sert à rien du point de vue fiscal puisque les revenus 2018 non exceptionnels sont exonérés d’impôt. En revanche, le reliquat de déficit foncier, soit 49.300 euros (60.000 – 10.700), pourra être imputé sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

En 2019, le revenu foncier de Mr X reste à 20.000 euros. Il peut déduire la moitié des travaux effectués en 2018, soit 40.000 euros, dégageant ainsi un déficit de 20.000 euros imputable sur son revenu brut global à hauteur de 10.700 euros. Le reliquat de déficit de l’année 2018 (49.300 euros) reste imputable sur les revenus fonciers des neufs années suivantes, tandis que le reliquat de déficit de l’année 2019 de 9.300 euros (20.000 – 10.700) sera imputable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Au total, même si les 10.700 euros imputables en 2018 n’ont eu aucun effet fiscal, M. X aura pu déduire de ses revenus fonciers un montant de 89.300 euros (40.000 + 49.300). Soit plus que les 80.000 euros de travaux engagés au départ.